Boyce – la réactivité
La réactivité est l’écart d’un paramètre biologique par rapport à un niveau de base ou à un état de repos. Par exemple, dans sa forme la plus rudimentaire, il pourrait s’agir de l’écart entre le taux cardiaque au repos et un taux accéléré pendant l’exécution d’une tâche difficile ou menaçante. Une constatation inattendue de nos travaux est que les enfants dans ces systèmes biologiques, qui sont exceptionnellement réactifs aux difficultés et aux agents stressants en laboratoire, ont non seulement plus de maladies et de troubles dans des conditions de stress naturelles, mais, aussi, lorsqu’ils grandissent ou sont placés dans des circonstances sociales véritablement enrichissantes, valorisantes et prévisibles, ils ne retombent pas simplement aux niveaux normatifs de ces maladies, mais atteignent plutôt des niveaux considérablement inférieurs. Selon nous, la réactivité observée n’est pas seulement la susceptibilité au stress, mais plutôt la susceptibilité à toutes les sortes de conditions sociales, bonnes ou mauvaises. La sensibilité biologique au milieu est la tendance pour ce groupe d’enfants d’avoir de bien pires résultats dans des circonstances indésirables et de bien meilleurs résultats que leurs pairs dans de très bonnes circonstances. Le travail de notre collègue Steve Suomi est un bon exemple d’homologie entre nos constatations et les résultats qu’il a obtenus, par exemple, au sujet de l’adoption croisée. Il en est de même pour les travaux de Michael Meaney sur un modèle de rongeurs. Ce que ces trois exemples ont en commun est la constatation que lorsque l’on prend ces individus exceptionnellement sensibles et qu’on les place dans des environnements très nurturants et valorisants, leurs résultats ne remontent pas simplement à la normale, ils la dépassent.
