Boyce – les hiérarchies à la maternelle
Nous avons évalué la position sociale à la maternelle de deux façons différentes. Une consistait à envoyer des équipes de deux assistants de recherche dans une des classes. Ces assistants s’assoyaient et devenaient comme des plantes en pot. Au départ, les enfants veulent tous savoir ce que les assistants font et pourquoi ils sont là, mais si ces derniers ne répondent pas, demeurent assis et font leurs observations, les enfants en viennent à les ignorer. Ces assistants de recherche ont fait des observations systématiques des interactions entre deux ou trois enfants qui indiquent des liens hiérarchiques. Par exemple, un enfant qui en suit un autre, ou un enfant qui en imite un autre est un exemple d’un type de comportement dominant-subordonné que nous pouvons consigner, ce que nous avons fait au moyen de petits ordinateurs portatifs. Nous ne pouvons tirer de conclusions de ces petites réactions individuelles, mais nous avons accumulé près de 35 000 observations d’interactions entre des enfants au fil du temps, et avons pu utiliser un algorithme mathématique, un logiciel, pour examiner ces minuscules observations individuelles et les placer dans un ordre montrant la place de chaque enfant dans la hiérarchie. Après avoir passé environ trois heures par jour durant trois à cinq semaines en classe, ils ont recueilli assez de données pour les intégrer dans le logiciel nous ayant donné la hiérarchie. L’autre façon utilisée pour assigner une position sociale nécessitait d’avoir de plus petits groupes d’enfants dans une pièce contenant une grosse boîte et deux judas. Dans le judas jouait la vidéo la plus attrayante pour les enfants de 5 ans à cette époque. Nous leur avons montré que la vidéo pouvait jouer, mais qu’il était seulement possible de la voir par les judas et qu’elle jouerait seulement si on appuyait sur les deux boutons sur les côtés de la boîte. Ces deux boutons étaient trop éloignés pour qu’une seule personne puisse les presser seule. Vous voyez vers quoi nous allions. Quatre garçons allaient devoir déterminer celui qui aurait le temps de visionnement le plus long, le plus court et entre les deux. Ils allaient s’organiser pour que certains enfants la visionnent pendant une courte durée et d’autres une longue durée. Nous placions quatre enfants du même sexe, garçons ou filles, dans cette situation et observions ce qui se passait.
