Blackstock – l’équité culturelle
Parlant d’équité culturelle, j’aimerais vraiment souligner qu’il n’est pas question ici de réconciliation. Nous parlons de la reconnaissance d’un droit de la personne fondamental dont tous les autres enfants au Canada bénéficient déjà. Mais, les enfants des Premières Nations recevant ces services publics fédéraux, par exemple, obtiennent jusqu’à 50 % de moins pour l’école. Certaines communautés n’ont pas d’eau potable à boire, ou l’eau qui sort du robinet est contaminée. À Attawapiskat, il faut ouvrir les fenêtres lorsque l’on fait couler l’eau du robinet parce que ses vapeurs sont toxiques pour les enfants et les membres de la famille. Il y a des cas de maisons surpeuplées. Il y a très peu de financement pour les services de développement de la petite enfance et de santé de l’enfant et de la mère. Tous ces désavantages deviennent un fardeau. Nous avons confronté le gouvernement fédéral, car s’il croit réellement en la réconciliation, il ne devrait pas utiliser de discrimination raciale comme politique budgétaire gouvernementale pour la prestation de services fondamentaux aux membres des communautés. Le gouvernement a normalisé le traitement des enfants des Premières Nations comme des personnes méritant moins que toutes les autres. Devant ces profonds niveaux d’iniquité, dont il a connaissance depuis longtemps – au moins 112 ans –, le gouvernement verse une somme quelconque et établit un budget un programme à la fois. Mais, il ne s’attaque jamais à la vaste gamme d’iniquités auxquelles les enfants des Premières Nations font face. Puis, lorsqu’il fait un tel investissement, il appelle cela de la réconciliation plutôt qu’un redressement d’une violation de la loi canadienne. Il est illégal de faire subir de la discrimination aux enfants pris en charge par les services publics, pourtant, cette pratique est normalisée dans les politiques publiques canadiennes. Parfois, le gouvernement dit : « Ce sont de bons premiers pas. » Mais, c’est une situation dont il est au courant depuis 112 ans. Jusqu’à quand les jeunes enfants devront-ils attendre pour être traités équitablement et d’une façon qui célèbre leur identité dans ce pays? Je l’entends aussi parfois dire : « On ne peut pas changer les choses du jour au lendemain. » Mais, concernant la discrimination raciale et les politiques publiques fédérales, oui, il le peut. Il connaît ces iniquités, elles sont bien documentées et leur coût est établi. Il lui suffit d’engager les sommes. La question pour les professionnels travaillant avec des enfants des Premières Nations et pour les citoyens est : de quoi les enfants des Premières Nations sont-ils privés si nous ne pouvons pas nous permettre de les traiter équitablement?
