Black – la science de la mise en œuvre

Beaucoup d’entre nous avons été formés en tant que fournisseurs de soins de santé, enseignants ou professionnels pour travailler avec des enfants individuels ou des classes d’enfants, et étudions le développement des enfants. Nous découvrons les méthodes les plus efficaces ou en comparons pour aider les enfants à apprendre. Si nous faisons des recherches, nous pouvons publier nos résultats pour expliquer le fonctionnement des choses. Ce qui nous intéresse le plus est de trouver une façon de transposer les apprentissages à grande échelle pour passer de la théorie à la pratique. Beaucoup d’entre nous ne savent pas comment le faire et nous avons appris qu’il y a une spécialité, la science de la mise en œuvre, qui nous permet de passer de la théorie à la pratique. Un chercheur pourrait penser que la rédaction d’un article ou la publication d’un document est une façon de passer vers la pratique. Mais le nombre de lectures de ces documents ou articles n’est pas élevé. Une deuxième façon serait de les publier sur un site Web. On se félicite de permettre à plus de gens de les consulter, mais cela ne se produit pas. La science de la mise en œuvre concrétise la mise en pratique de la théorie. Il existe de nouvelles façons de faire que les fournisseurs de soins de santé ou les enseignants ne connaissent pas nécessairement. Celles-ci comprennent la participation de la communauté, la collaboration avec les parties intéressées, le suivi et la conservation des données. Nous utilisons un système de surveillance, d’évaluation, de recherche, d’apprentissage et d’adaptation qui porte le nom de MERLA. Voici comment il fonctionne : la surveillance signifie que nous faisons progresser un programme et que nous devons en assurer le fonctionnement dans l’avenir. Nous n’examinons donc pas seulement les résultats, mais aussi l’ampleur de la portée. Atteignons-nous les enfants les plus vulnérables, les plus difficiles à atteindre? Sur le plan de l’équité, ce sont ceux qui en ont le plus besoin. La seule façon de savoir si tout fonctionne bien est d’en faire le suivi, en ayant les données nous permettant de déterminer la portée. L’évaluation évalue donc ces mesures, qui comprennent la main-d’œuvre. Avons-nous formé suffisamment d’enseignants ou de travailleurs de la santé pour pouvoir mettre en œuvre le programme dont nous avons démontré la capacité? Nous évaluons ce que montrent les mesures. Il ne suffit pas de recueillir des données, il faut procéder à l’évaluation. Cette recherche nous mène à étudier si nos réalisations ont les incidences que nous avions prévues sur les enfants. Si nous mettons en place un bon programme, mais que les enfants n’y participent pas, ou que les enseignants ne l’enseignent pas, il n’est pas vraiment efficace. Il faut faire de la recherche pour déterminer s’il fonctionne. Le système comprend aussi une composante d’apprentissage. Qui reçoit cet apprentissage? C’est nous. Nous voyons si nous changeons les choses, si notre portée est aussi vaste que nous le souhaitons, si les enseignants ou les travailleurs de la santé mettent en œuvre le programme de la façon dont il devrait l’être. Si nous constatons des lacunes, nous passons à la prochaine étape qui est l’adaptation. En nous adaptant, nous reprenons la surveillance et avons une amélioration continue de la qualité. Dans la science de la mise en œuvre, tout repose sur l’amélioration continue de la qualité parce qu’elle est gage de durabilité, permettant la mise à l’échelle d’un programme. Une communauté ne se consacrera pas à la mise à l’échelle d’un programme qui n’a pas de portée et qui ne fonctionne pas.