Battle et Walden – la valeur du jeu risqué

Marc: Les enfants ont besoin de prendre des risques, et ce pour plusieurs raisons. Tout d’abord, c’est la base de la confiance en soi. C’est ce qui définit une personne. Quand on réussit à atteindre la branche d’un arbre qui nous faisait peur, on en sort changé. C’est une nouvelle personne qui descend de cet arbre. On se sent différent. Pour moi, c’est la raison essentielle de la prise de risque. Mais c’est également l’occasion d’apprendre à dire non. On apprend à dire non à nos pairs. Par exemple, quand on est avec un enfant qui grimpe facilement en haut des arbres, on évalue la situation, et on n’hésite pas à se dire «non», «Je n’ai pas envie d’aller plus haut», et on l’assume très bien. C’est important d’arriver à se dire ça quand on prend un risque et d’arriver à l’évaluer correctement, sans le sous-estimer.

Melinda: C’est aussi l’occasion d’expérimenter un tout nouveau sentiment qui se situe entre l’excitation et la peur. Quand on ressent ça, on sait qu’on veut prendre un risque, mais si c’est juste de la peur, alors on n’est pas prêts à le prendre.

Marc: On apprend aussi que le monde n’est pas si effrayant.
Les parents, les éducateurs ou les enseignants empêchent parfois les enfants de prendre des initiatives. En les réfrénant, on leur faire croire que le monde fait peur, et qu’il faut avoir peur de tout. Ça peut avoir de graves répercussions sur leur développement et leur motivation à découvrir le monde. Il n’y a pas à avoir peur. On doit apprendre à s’adapter au monde, à en évaluer les risques, et à saisir toutes les possibilités qu’il nous offre, en prenant des risques justement.

Melinda: Si nous ne laissons pas les enfants expérimenter des jeux risqués, ou prendre certaines initiatives, alors ils n’auront pas confiance en eux et auront peur d’essayer de nouvelles choses. Les jeux risqués sont fondés sur la confiance. Au début, la relation d’attachement
Entre l’éducateur et l’enfant est très importante pour lui permettre d’explorer, de prendre des risques et d’essayer de nouvelles choses. La confiance est cruciale, notamment quand l’enfant grandira et qu’il voudra prendre certains risques, face auxquels il devra se faire confiance. Il s’agit d’un lien de confiance entre l’enfant et l’éducateur. L’éducateur doit croire dans les capacités de l’enfant, mais l’enfant doit avoir confiance en lui-même et en l’éducateur pour qu’il ose faire quelque chose.

Marc: C’est là que c’est très important, car si l’on prive un enfant du droit, et je parlerai même de dignité, de prendre des risques et des initiatives, alors on refuse toute relation avec cet enfant. J’ai trouvé ça très important qu’on parle de la confiance, car lorsque je vois les éducateurs empêcher les enfants de prendre des risques, le problème, ce n’est pas l’enfant mais l’éducateur lui-même, et je leur dis « Vous ne lui faites pas confiance, vous ne croyez pas qu’il ait la force et l’assurance nécessaires pour y arriver, alors qu’il ne va pas chercher à se mettre en danger. La confiance est donc le facteur principal qui entre en jeu lorsqu’on interdit la prise d’initiative. Le manque de confiance.

Melinda: L’éducateur doit réussir à faire trouver un équilibre entre son instinct naturel de protection et le fait de vouloir transmettre cette compétence à l’enfant d’apprendre des choses par lui-même.

Marc: Et surtout, il en retire quelque chose. Par la prise de risque, il acquiert des compétences.