Barr – les pleurs des nourrissons

Voilà une excellente question sur les pleurs des nourrissons. Essentiellement, nous comprenons difficilement la raison pour laquelle certains nourrissons pleurent beaucoup plus que d’autres. Mais il existe certains faits d’une grande évidence, notamment qu’il n’y a presque aucune caractéristique comportementale, biologique ou morphologique que nous connaissons chez l’humain ou toute autre espèce qui ne présente pas une vaste gamme de variations. Ainsi, nous ne devrions pas être trop surpris de l’existence de variations dans la quantité de pleurs d’une certaine manière. Les humains présentent un énorme écart en matière de taille et en matière de couleur de la peau, ainsi qu’une énorme variation de leurs différentes fonctions, selon nos connaissances actuelles. Et les humains présentent d’énormes variations dans la quantité des pleurs des nourrissons. Fait intéressant, tout trait qui présente une énorme variation comme celle-ci connaît un contexte dans lequel ce trait peut être un avantage et un contexte dans lequel il est un désavantage.

Nous pouvons illustrer cela grâce à la merveilleuse histoire des observations de Martin deVries chez les nourrissons massaïs où il a évalué un échantillon de nourrissons en fonction des caractéristiques de leur tempérament. Il est rentré chez lui et a découvert que, tout comme chez les nourrissons nord-américains, il y avait des nourrissons qui pleuraient beaucoup et d’autres qui pleuraient moins. Il a nommé ceux qui pleuraient beaucoup « les nourrissons de tempérament difficile » et ceux qui pleuraient moins « les nourrissons normaux ou lents à s’ouvrir ». Et puis, pendant son absence auprès des Massaïs, les membres de la communauté ont souffert d’une famine au cours de l’hiver. Il est retourné parmi eux l’été suivant, et il a fait le suivi auprès de tous les nourrissons et comme vous pouvez vous y attendre dans le contexte de l’histoire que je raconte, les nourrissons qui étaient les nourrissons au tempérament difficile, donc qui pleuraient beaucoup, étaient plus susceptibles d’avoir survécu à la famine. Dans ce contexte, les pleurs fréquents ont été une mesure qui a sauvé des vies pour ces nourrissons, en termes relatifs.