Azad – observations et incidences
Nous avons observé l’ensemble des données de l’étude CHILD pour voir dans toutes ces différentes données sur la santé, l’environnement à la maison et la génétique, lesquels de ces très nombreux facteurs semblaient prévoir les scores de l’IMDPE des enfants à la maternelle. Cette analyse a permis de faire ressortir deux catégories de données. La première comprenait les éléments stressants à la petite enfance. Les parents ont participé à nos évaluations et ont répondu à nos questionnaires sur la parentalité et le niveau de stress de la parentalité pendant les premières années. Les mères ont aussi répondu à des sondages validés permettant d’évaluer les niveaux d’anxiété et de dépression à différents points pendant et après la grossesse. La deuxième catégorie portait sur le statut socioéconomique. Elle indiquait le revenu du ménage, s’il s’agissait d’une famille monoparentale ou non, et le niveau d’études du père et de la mère. Nous avons vu que les enfants de familles ayant un faible statut socioéconomique selon ces différentes mesures avaient tendance à obtenir des scores de l’IMDPE inférieurs, et à être vulnérables dans un ou plusieurs domaines de cet instrument, qui mesure des facteurs comme le développement du langage, le développement moteur et autres. Les enfants de familles ayant un faible statut socioéconomique ont eu des scores inférieurs. C’est malheureux, mais comme on pouvait s’y attendre, ce n’est pas vraiment surprenant. On a ensuite constaté que certains types de variables de stress en étaient la cause. Les scores inférieurs chez les familles à faible statut socioéconomique semblaient s’expliquer par le fait que ces familles avaient souvent des taux plus élevés de dépression maternelle et de stress parental. En comprenant cette cause, nous voyons que si nous intervenons pour accroître le statut socioéconomique ou soutenir les familles à faible revenu ou à faible scolarité, cela aura un effet positif à long terme. Ou encore, intervenir pour réduire le stress. La mise en place de programmes destinés aux parents vivant une période difficile pendant la petite enfance ou aux mères aux prises avec des problèmes de santé mentale pendant ou après la grossesse pourrait avoir un effet important ultérieur sur le développement de l’enfant, jusqu’à la maternelle et après. D’autres recherches montrent que les scores de l’IMDPE reflètent assez bien la suite de l’enfance, comme les taux d’obtention d’un diplôme d’études secondaires et les résultats en santé. C’est une étape cruciale et ces données montrent qu’il y a des périodes critiques pendant les premières années de vie, avant même la maternelle. Si nous pouvions intervenir et cibler les familles ayant un haut niveau de stress ou un faible statut socioéconomique, cela aurait probablement un effet déterminant pour les enfants.
