Types de jeu

Le présent article comprend de l’information tirée de SECD, Introduction au développement de l’enfant, p. 8, Comprendre le jeu.

« Plusieurs condition développementales et environnementales contribuent à la progression du processus du jeu. Par exemple, l’âge de l’enfant et son stade de développement, combinés avec les matériaux et les expériences fournies, influencent le processus du jeu et le niveau d’engagement dans l’expérience de jeu » (Dietze et Kashin, 2019, p. 56).

Pour mieux comprendre le jeu, il est utile de considérer les différentes catégories en se basant sur le type du jeu ainsi que le contexte social où il se déroule. Dans les deux cas, le fondement a été posé il y a des décennies, mais les informations sont encore utiles aujourd’hui.

Sara Smilansky (1968) a expliqué que les théoriciens considèrent le développement du jeu comme des stades à travers lesquels l’enfant avance naturellement au fur et à mesure qu’il se développe. Elle a défini quatre stades du jeu tout en soulignant que « les stades se chevauchent considérablement et certains comportements de jeu continuent parallèlement aux autres et sont en interaction jusqu’à l’âge adulte. » À un moment donné, cependant, une étape de jeu apparaît comme la plus importante. » (Smilansky, 1968, p. 5) De plus, « à mesure que chaque stade se développe, il incorpore les possibilités de jeu de tous les stades précédents. » (Van Hoorn et coll., 2015, p. 39)

Stades du jeu :

  • Jeu fonctionnel – Imaginez un bébé qui secoue un hochet ou un tout-petit qui frappe un marteau-jouet contre une étagère. Ce sont des exemples de jeux fonctionnels : des mouvements simples qui évoquent les sens. La répétition aide l’enfant à comprendre le monde physique et les propriétés des objets. La plupart des jeux des bébés et des tout-petits relèvent du jeu fonctionnel.
  • Jeu constructif – Imaginez un enfant en âge préscolaire qui roule de l’argile en petites balles ou qui empile des pierres plates. Ce sont des exemples de jeux constructifs, qui constituent un style de jeu où les enfants utilisent du matériel de jeu pour créer quelque chose. L’enfant peut ou non avoir un plan ou un but. Les enfants commencent habituellement à se livrer aux jeux constructifs vers l’âge de deux ans.
  • Jeu symbolique (ou dramatique) – Imaginez un enfant utilisant un bloc rectangulaire comme téléphone, ou assis dans une grande boîte en carton qu’il prétend être une maison. Ce sont des exemples de jeux symboliques qui présentent un enfant utilisant un objet pour en représenter un autre. Ce type de jeu se manifeste d’abord comme une simple imitation et l’imaginaire. Il progresse en un jeu dramatique et sociodramatique où les enfants interprètent des histoires avec les autres, pouvant y intégrer des accessoires et des costumes. Généralement, ce type de jeu se manifeste à l’âge préscolaire.
  • Jeu avec règlements – Imaginez des enfants en âge scolaire qui jouent au soccer ou aux cartes. Les règlements du jeu peuvent être prédéterminés ou bien les enfants peuvent les inventer eux-mêmes ensemble. Ces jeux peuvent ou non être compétitifs, mais ils exigent que les enfants s’entendent sur les règlements et qu’ils les respectent afin de pouvoir jouer ensemble. Tandis que les enfants d’âge préscolaire peuvent jouer à des jeux avec des règlements simples, les enfants d’âge scolaire ayant un développement cognitif plus avancé gèrent et aiment les jeux avec des règlements plus compliqués.

Mildren Parten (1932) a observé des enfants d’âge préscolaire en train de jouer dans un centre d’apprentissage afin d’étudier leur engagement social. Elle a décrit des catégories de jeu social qui tiennent compte de la nature et du niveau d’engagement d’un enfant avec ses pairs. Note : on peut affirmer que les deux premières catégories (jeu non participatif et jeu d’observation) ne sont pas des types de jeu à proprement parler, étant donné que les enfants ne jouent pas activement.

Catégories de jeu social de Parten :

  • Jeu non participatif – Lorsqu’un enfant ne joue pas, mais regarde furtivement tout ce qui est intéressant ou lorsqu’il reste là sans rien faire.
  • Jeu d’observation – Lorsqu’un enfant regarde les autres enfants jouer sans participer. Les enfants jouent à ce type de jeu à tous les âges.
  • Jeu solitaire – Lorsqu’un enfant joue seul, qu’il est concentré sur lui-même, qu’il y ait ou non d’autres enfants présents. Lorsque les autres sont présents ou à proximité, il n’y a aucune interaction. Les enfants jouent à des jeux solitaires à n’importe quel âge.
  • Jeu parallèle – Lorsque deux enfants ou plus jouent à proximité l’un de l’autre, mais qu’ils s’adonnent à leurs propres activités sans interagir. Ce type de jeu est particulièrement commun auprès des tout-petits et des jeunes enfants en âge préscolaire.
  • Jeu associatif – Lorsque des enfants jouent avec le même matériel de jeu, à proximité l’un de l’autre. Ils peuvent parler et échanger des idées ou du matériel, mais ils ne travaillent pas ensemble et ne jouent pas de façon coordonnée. Les enfants d’âge préscolaire (âgés de trois à quatre ans) ont tendance à jouer ainsi.
  • Jeu coopératif – Lorsque deux enfants ou plus, ou des groupes travaillent ensemble avec un plan et un but. En général, ce genre de jeu requiert que les enfants adoptent des rôles et des tâches et qu’ils négocient ensemble afin de continuer le jeu. Vers l’âge de quatre ans, les enfants sont habituellement en mesure de jouer à des jeux coopératifs.

Références

Dietze, B. et Kashin, D. (2019). Playing and learning in early childhood education (2e éd.). Pearson

Parten, M. B. (1932). Social participation among pre-school children. The Journal of Abnormal and Social Psychology, 27(3), p. 243-269. www.mcidenver.edu/childdev/SocialParticipationamongpreschoolchildren.pdf

Smilansky, S. (1968). The effects of sociodramatic play on disadvantaged preschool children. Wiley.

Van Hoorn, J., Monighan Nourot, P., Scales, B. et Rodriguez Alward, K. (2015). Play at the Center of the Curriculum, (6e éd.). Pearson.