Capital social et cohésion sociale

La recherche sur le capital social souligne une vaste gamme d’avantages particuliers découlant de la confiance, de la réciprocité, de l’information et de la coopération rattachées aux réseaux sociaux (Putman, 2000). Le capital social crée de la valeur pour les gens qui sont connectés et, du moins parfois, pour les observateurs. Les études existantes indiquent que le capital social apporte d’importants avantages pour un éventail de résultats économiques et sociaux.

Le capital social s’exerce par multiples voies:

  1. Le flux d’information (p. ex., apprendre sur les services communautaires, les emplois, les événements publics, les candidats à une charge publique, l’élaboration et l’échange d’idées dans tout lieu) dépend du capital social.
  2. Les normes de réciprocité (aide mutuelle) dépendent des réseaux sociaux.
    • Les réseaux relationnels qui lient les gens que nous connaissons ou dont nous avons connaissance – famille, amis, membres de la même congrégation, club, lieu de travail, école, organisme – soutiennent une réciprocité particularisée (au sein du groupe).
    • Les réseaux de liaisons qui lient différents particuliers (des gens que nous ne connaissons pas ou que nous avons eu peu d’occasions de connaître) soutiennent une réciprocité généralisée.
  3. L’action collective dépend des réseaux sociaux (p. ex., le rôle des conseils de parents dans la lutte contre la fermeture d’écoles), bien que l’action collective puisse également favoriser la création de réseaux, comme la mise sur pied de conseils de parents-enfants régionaux.
  4. Les réseaux sociaux encouragent l’élargissement de l’identité et de la solidarité, ce qui contribue à remplacer la mentalité du « je » par la mentalité du « nous ».

Les contextes de petite enfance offrent quotidiennement aux familles des occasions d’établir des liens entre elles, pour bâtir leur capital social. Les familles sont dotées de forces, d’expériences et de compétences qu’elles peuvent échanger avec les autres. Plusieurs études montrent que les familles créent des réseaux sociaux, établissent des relations culturelles et prennent part à leur communauté (contribuant à la cohésion sociale) dans le cadre de leur participation à des programmes de petite enfance (Corter et coll., 2006; McCain, Mustard et Shanker, 2007; Mitchell, Wylie et Carr, 2008).

Les communautés qui se rassemblent (secteurs public, privé et de bénévolat) pour créer des possibilités de programmes de petite enfance accroissent leur niveau de capital social. Le niveau de confiance et d’échange augmente et les particuliers reconnaissent leurs responsabilités et leur attachement à l’égard de leur communauté. Les régions jouissant d’un haut niveau d’engagement civique ont tendance à mieux s’adapter aux défis causés par les changements sociaux et économiques.

Il est avantageux pour les familles de nouveaux arrivants au Canada qui partagent des traditions culturelles semblables ou qui parlent des langues autres que le français ou l’anglais d’établir des liens entre elles. Les familles bénéficient aussi de l’exposition à des pratiques parentales de familles ayant différents vécus. Les réseaux sociaux informels entre les familles ayant de jeunes enfants peuvent devenir des ressources précieuses qui favorisent la santé et le bien-être des enfants (Moran, Ghate et van der Merwe, 2004; Weiss et coll., 2006).

La cohésion sociale est le processus continu d’élaboration d’une communauté de valeurs communes, de défis partagés et d’égalité des chances au Canada, fondée sur la confiance, l’espoir et la réciprocité entre tous les Canadiens. La petite enfance peut être le point de rencontre pour toutes les familles et tous les membres d’une communauté pour reconnaître et cibler les besoins de soutien et d’intervention en bas âge, le cas échéant, pour apprendre à se connaître et pour bâtir une cohésion sociale.

Références

Corter, C., Bertrand, J., Pelletier, J., Griffin, T., McKay, D., Patel, S. et Ioannone, P. (2006) Evidence-based Understanding of Integrated Foundations for Early Childhood. Toronto, Ont. : Atkinson Centre à OISE/UT.

McCain, M., Mustard, F. et Shanker, S. (2007) Early Years Study 2: Putting Science Into Action. Toronto, Ont. : Council for Early Child Development.

Mitchell, L., Wylie, C. et Carr, M. (2008) Outcomes of Early Childhood Education: Literature Review, Wellington, N.-Z. : New Zealand Council for Educational Research.

Moran, P, Ghate, D et van der Merwe, A. (2004) What works in Parenting Support: A Review of the International Evidence. Research Report RR 574 Londres, R.-U. : Department for Education and Skills.

Putnam, R. (2000). Bowling Alone: The Collapse and Revival of American Community.

Weiss, H., Caspe, M. et Lopez, M. (2006) Family involvement in early childhood education. Family Involvement Makes a Difference. Harvard Research Project No. 1. Boston, Mass. : Harvard University.