Poon – la création de cartes de systèmes
Nous avons eu l’occasion de visiter différentes communautés dans la province pour leur demander, selon une composante d’expérience vécue, quels sont les principaux facteurs influençant la hausse de la vulnérabilité sociale et émotionnelle? Grâce à nos réseaux dans certaines communautés, nous avons tenu une série de séances au cours desquelles nous avons posé cette même question, soit quels sont les principaux facteurs influençant ce qui se produit dans leur communauté? Nous leur avons demandé de réfléchir aux variables, en leur fournissant notre définition de « variable » pour qu’ils déterminent les facteurs qu’ils considèrent comme importants. Au départ, c’était un simple cercle, une série de trois ou quatre variables qu’une personne aurait pu rassembler. Nous avons ensuite fait un processus en petits groupes pour qu’ils discutent de leur perception de la situation. À quoi ressemble leur cercle? Comment se compare-t-il à l’ensemble de variables du cercle d’une autre personne? Il s’agissait de comparer et de distinguer les éléments, d’examiner les similitudes et les différences. L’équipe de recherche a compilé toutes les cartes de ces séances pour analyser les points similaires et les interconnexions. Les cartes ont pris de l’ampleur et, si vous avez eu l’occasion de les voir, elles sont très complexes et leur contenu provient entièrement de la communauté. Notre équipe de recherche a relié les points, mais les variables sont issues des communautés. Les groupes présents variaient en nombre, et représentaient différents secteurs et différentes organisations. C’était surtout des fournisseurs et des décideurs dont le travail de tous les jours était activement consacré au soutien des enfants. Nous retournions les voir avec notre carte provisoire, et leur demandions de l’élargir et de donner leur avis. Elle grossissait donc encore. Puis, nous la reprenions et essayions de tout relier ensemble. En somme, il s’agissait d’un processus de validation consistant à répéter la question, puisque de nouveaux participants se joignaient constamment au projet – et nous estimions qu’il était avantageux d’avoir de nouvelles personnes, de nouvelles voix contribuant à la carte. Puis, nous faisions avancer le processus. Pendant plusieurs mois, nous ne faisions qu’accroître la complexité à partir de la rétroaction des participants, puis nous revenions pour leur demander de préciser l’information.
Cette carte est donc issue de ce processus, mais elle n’a pas de forme définitive, car elle est perçue comme une carte évolutive, que nous utilisons dans le cadre de la prochaine partie du projet. Nous savons que les cartes des systèmes communautaires ne sont pas des outils simples à utiliser. Nous les avons donc organisées par thème. Nous avons regroupé certains secteurs, puis les avons montrés aux participants pour savoir si ça leur semblait correct. Nous leur avons demandé quels domaines les intéressaient particulièrement afin de les explorer au cours de la prochaine phase du projet.
