Blackstock – le principe de Jordan
Le principe de Jordan doit son nom à Jordan River Anderson de la Nation Crie de Norway House. Fils d’Ernest et de Virginia Anderson, il avait des frères et des sœurs. Il est né à un hôpital de Winnipeg pour des raisons médicales. Il y est resté pendant deux ans et, un jour, les médecins ont dit qu’il pouvait rentrer à la maison. Il y avait un foyer de soins médicaux à proximité de l’hôpital où il pouvait faire une transition, évaluer son état et retourner à Norway House. Tout était en place. Et c’est incontesté : si Jordan n’avait pas été un enfant de Premières Nations, c’est ainsi que les choses se seraient déroulées. Il aurait quitté l’hôpital le jour même. Mais, comme il était un enfant d’une Première Nation, le gouvernement du Manitoba a dit : « Nous ne payons pas pour les enfants de Premières Nations. C’est le gouvernement fédéral qui paie pour eux. Il n’est pas à nous de payer pour ses soins à domicile. » Puis, au gouvernement fédéral, les Affaires indiennes et Santé Canada se lançaient la balle quant au paiement. Le choix : le laisser à l’hôpital pendant que les gouvernements se disputaient sur le paiement de chaque élément individuel lié à ses soins. Sa sœur, Jerleen Anderson, maintenant Sullivan, a dit : « Jordan est décédé d’un cœur brisé. Il a attendu plus de deux ans et demi à l’hôpital que les gouvernements lui accordent la priorité. Juste avant son 5e anniversaire, il est tombé dans le coma et est décédé, n’ayant jamais passé une journée dans la maison familiale en raison de sa race. » En sa mémoire, sa famille a demandé que cela n’arrive à aucun autre enfant. Le principe de Jordan est nommé à la mémoire de Jordan, et énonce simplement que les enfants des Premières Nations devraient pouvoir accéder aux services publics dont ils ont besoin au moment auquel ils en ont besoin, et sans discrimination parce qu’ils sont Autochtones. Le gouvernement a accepté cette résolution à l’unanimité en 2007. Puis, a créé une définition si étroite qu’aucun enfant de Premières Nations n’y a été admissible. La cause a donc été portée devant le Tribunal canadien des droits de la personne. Maintenant, chacun peut accéder à un service en vertu du principe de Jordan avec la permission du tuteur et une note d’un professionnel, par exemple, de la petite enfance, auprès de qui l’enfant a besoin d’un service ou d’un produit particulier. Vous pouvez faire votre demande en tout temps à la ligne 1 833 PJ-ENFAN. Le tribunal a aussi dit que puisque les enfants de Premières Nations ont connu, et continuent de connaître dans de nombreux autres domaines, ce niveau de discrimination, il ne suffit pas de leur donner la même chose que tous les autres enfants en vertu du principe. Nous devons leur donner un peu plus pour qu’ils puissent se rétablir des difficultés éprouvées depuis longtemps. Même si un service n’est pas offert à un enfant non autochtone, s’il est important pour répondre aux besoins d’un enfant de Premières Nations, il peut être financé en vertu du principe. Par exemple, il y avait des enfants d’âge préscolaire atteints d’autisme qui ne pouvaient littéralement pas aller jouer dehors parce qu’un des enfants faisait une fixation sur les roues qui tournent, comme les pneus, et qu’il n’y avait pas de clôture dans la cour pour que l’enfant puisse jouer. Une clôture a ainsi été payée en vertu du principe de Jordan. Nous avons eu des choses comme des rampes pour fauteuils roulants pour des enfants handicapés, des évaluations pour des enfants ayant des retards de développement et différents types d’aides à l’apprentissage, qui ont toutes pu être financées en vertu du principe de Jordan, même l’éducation spécialisée en petite enfance. Informez-vous sur ce point. Allez sur notre site Web, jordansprinciple.ca, et consultez toute l’information à ce sujet, y compris les trois vidéos faites par des enfants qui expliquent le principe de Jordan en français, en anglais et en langue des signes américaine.
