Fernald – les programmes de transferts en espèces au Mexique

Depuis les dix à quinze dernières années, je participe à l’évaluation du plus gros programme de transferts en espèces du Mexique. J’ai participé au suivi des résultats du développement des enfants des années trois à cinq et des années sept à dix dans un grand essai clinique randomisé entamé en 1997. Ce qui est le plus fantastique à propos de cette étude est qu’elle a été attribuée de façon aléatoire au niveau communautaire en 19 97, chose rare pour une étude sociale d’aussi grande ampleur. Nous avons pu suivre des enfants inscrits au programme qui ont maintenant probablement 15 ans, et avons fait leur suivi à deux différents points dans le temps. Deux constatations principales en ont émané. La première est la présence d’effets de réduction des comportements problématiques chez les enfants qui étaient inscrits au programme plus longtemps que les autres. Le principal effet de réduction des problèmes de comportement était manifeste des années trois à cinq et des années sept à dix. Les résultats pour ces deux périodes étaient très clairs et significatifs. Ces résultats portaient sur les effets du programme. La deuxième chose que nous voulions faire était d’examiner la relation dose-effet à l’argent en espèces reçu par les ménages. Par exemple, observer le montant d’argent que recevaient les ménages des enfants inscrits au programme toute leur vie, puis observer le développement de ces enfants. Selon le niveau de développement des enfants, nous avons constaté que ceux demeurant dans les ménages qui recevaient le plus d’argent dans le cadre du programme – en contrôlant toutes les variables de base, relatives au logement et autres – ont le mieux réussi sur le plan de la cognition, du langage et de la réduction des comportements problématiques.  Les résultats ont montré une relation dose-effet claire chez les enfants inscrits toute leur vie au programme, et de meilleurs résultats sur le plan de la cognition et du langage chez les enfants venant des ménages ayant reçu le plus d’argent. Le taux d’adhésion est très élevé et je devrais mentionner que le programme de transferts en espèces mexicain augmente le revenu de 20 %, offrant l’une des plus grandes hausses. Par exemple, je viens de rédiger un article sur le programme de transferts conditionnels en espèces de l’Équateur, et celui-ci augmente seulement le revenu de 7 %. Le montant que les ménages reçoivent varie beaucoup et le programme mexicain est à la limite supérieure de la fourchette. Le taux de conformité est donc très élevé, s’élevant à 97 % dans tous les groupes au Mexique. Nous avons ainsi pu faire une analyse dose-effet sans nous inquiéter qu’une grande part de la population mette fin à sa participation.