Philpott – les enfants ayant des besoins particuliers – tendances
Notre domaine est à une période notable dans laquelle nous reconnaissons de plus en plus que nous pouvons agir de manière préventive. Il s’agit de l’éducation spécialisée proactive. La gestion préventive des handicaps et les renvois préventifs sont des domaines majeurs dans lesquels les systèmes de soins reconnaissent l’importance de la petite enfance. Les gens ayant passé, par exemple, 30 ans à enseigner les mathématiques se rendent compte que pour améliorer la numératie, il faut remonter à la petite enfance. Si nous voulons atténuer les difficultés liées à la gestion des élèves atteints d’autisme, il faut commencer à soutenir ces enfants bien avant qu’ils ne commencent l’école. Cette nature préventive de l’éducation spécialisée est vraiment captivante. C’est une période d’effervescence. Une autre tendance intéressante qui se produit est la réaction presque anti-inclusion. La Nouvelle-Écosse, Terre-Neuve-et-Labrador et beaucoup d’autres provinces reconnaissent que l’éducation inclusive peut être chaotique si elle est mal planifiée, si elle n’est pas soutenue. Le placement de tous les enfants dans une classe ordinaire pour toute la journée en tout temps n’est pas propice à la programmation appropriée pour ces enfants individuels ni à l’apprentissage de l’ensemble plus vaste. Nous constatons presque un rejet des placements inclusifs. Parallèlement, nous observons un accueil, surtout au Canada, une adhésion rigide aux valeurs pluralistes de notre société et une acceptation de la diversité. Cette quasi-contradiction est intéressante, car nous sommes très pluralistes. Nous sommes très démocratiques. Nous sommes très accueillants de la différence, peu importe son type. Pourtant, au sein de cette large philosophie, qui est de plus en plus sacrée, on reconnaît les besoins individuels de chaque enfant ainsi que la nécessité de commencer plus tôt pour optimiser la préparation de cet enfant à être intégré dans des milieux d’apprentissage plus vastes. Nous voyons aussi un éloignement prononcé de la nature diagnostique prescriptive de l’éducation spécialisée, dans laquelle un enfant est diagnostiqué avec une condition pour pouvoir recevoir l’aide de professionnels et être inclus comme tout autre enfant. Cette nature prescriptive qui consiste à faire un diagnostic et à n’offrir qu’un seul type de traitement est en train de changer. Le dernier point que j’aborderai est la nature changeante du curriculum. Le principe de la conception universelle pour l’apprentissage a une grande influence sur les ministères de l’Éducation partout au pays. La plupart des barrières à l’inclusion ne relèvent pasde l’enfant ou de la salle de classe, mais plutôt du curriculum. Si nous concevons le curriculum adéquatement, plus d’enfants seront naturellement inclus et accéderont au curriculum. Comme en architecture, si nous tenons compte des divers besoins dès la conception de l’immeuble, nous n’aurons pas à ajouter de rampe à fauteuil roulant par la suite. Nous n’aurons pas à revenir en arrière et à abaisser les comptoirs dans les toilettes. Nous n’aurons pas à vérifier la largeur des portes. L’immeuble est conçu pour être accessible. Ce même concept est intégré dans l’élaboration des curriculums des différentes matières.
