Pelletier – livres d’alphabet personnalisés

Le programme semble avoir eu des effets précis sur des domaines particuliers du développement de la littératie chez les enfants. Cette étude faisait intervenir certains partenaires, dont un réseau de télévision pour enfants et la société KODAK. Nous examinions si les livres d’alphabet personnalisés des enfants, produits dans le cadre de la collaboration avec KODAK, auraient un effet sur un domaine particulier du développement de la littératie. Le visionnement d’émissions télévisées sur le développement de la littératie aurait-il un effet précis sur un domaine particulier de ce développement, et comment se comparerait-il au projet plus vaste? Les résultats ont indiqué que les enfants qui participaient à une intervention avec un livre d’alphabet ont acquis de meilleures connaissances de l’alphabet que les enfants du reste du programme, même si ces enfants ont tous fait des gains. Mais, ils étaient plus importants pour l’intervention avec le livre d’alphabet. Quant au visionnement d’émissions télévisées sur le développement de la littératie, ces enfants ont aussi fait des gains dans la connaissance de l’alphabet. J’ai omis de dire que dans l’intervention avec le livre, en plus d’apprendre l’alphabet, les enfants se sont familiarisés avec les conventions de lecture. Ainsi, dans cette intervention, les enfants apprenaient à tourner la page, à reconnaître les endroits où sont placés le mot et l’image 0:01:40.900 –> 0:01:42.160 à manipuler le livre et à devenir alphabétisés, tout en augmentant leurs connaissances de l’alphabet.  Je pense que l’idée de personnaliser les livres d’alphabet était un concept important. En partie parce qu’en concevant les livres, les enfants apprenaient la correspondance lettre-son de façon très naturelle et amusante. C’était très personnel et évocateur pour eux. Leur travail, avec leurs parents, était de prendre les appareils photo jetables donnés par la société commanditaire et de se promener dans leur environnement pour prendre des photos d’éléments commençant par le son des lettres de l’alphabet. Ces images étaient ensuite transformées en livre, qu’ils étaient impatients de lire. Il y avait un facteur de motivation en plus de l’aspect conceptuel de l’apprentissage de la correspondance lettre-son. En plus d’être très motivés à regarder les livres, les enfants voulaient les faire découvrir à d’autres personnes et les lire avec elles. Comme nous le savons, plus on s’exerce à la lecture, mieux on devient à la lecture. L’aspect de personnalisation était donc très important pour de nombreuses raisons. J’imagine qu’ils se sentaient comme s’ils réussissaient à lire, et c’est important aussi. Nous ne cherchions pas à les amener à lire par la ruse, nous voulions qu’ils soient réellement capables d’identifier le mot, mais une partie du travail avait déjà été réalisée en disant le son des mots à haute voix au moment de prendre les photos. Tout cela était oral. C’était en entendant le son, par exemple, de la lettre « S » pour le mot station-service. Un petit garçon voulait prendre une photo d’une station-service. C’était important pour lui. Il s’est rendu à cet endroit avec ses parents. Il a dû dire ce son à haute voix. Il devait savoir que la lettre « S » faisait le son /s/, du moins pour ce mot particulier : « station-service ». Il avait alors déjà fait le travail.  Maintenant, il avait ce produit qu’il pouvait lire et présenter aux autres. Il était prêt à passer à un niveau plus difficile, comme avoir une page sur laquelle figuraient deux ou trois mots.