Soderstrom – l’étude ManyBabies
Nos travaux font partie d’une vaste étude qui a testé des bébés provenant de nombreuses communautés linguistiques différentes sur leur préférence quant au langage enfantin. L’entièreté de l’étude originale a été réalisée dans un langage enfantin en anglais. Nous testons maintenant des bébés dans d’autres langues, dans le cas présent, le norvégien. [Langue norvégienne parlée en arrière-plan] Notre façon de concevoir la recherche sur les nourrissons a beaucoup changé. Auparavant, chaque laboratoire faisait son propre petit projet de recherche, et comme il est très difficile de recruter des nourrissons et de mener ces études, nos échantillons étaient de très petite taille. C’est aussi très difficile de comparer les études entre elles, par exemple, une faite à Winnipeg et une autre à Paris. Les différences pourraient être liées aux populations, aux langues ou aux âges des bébés, ou pourraient être des distinctions dans la façon dont les différents laboratoires appliquent les méthodes. De plus, les très petits échantillons limitent notre capacité à interpréter les résultats. Il y a donc eu une poussée pour recueillir des données à beaucoup plus grande échelle, en faisant part de nos procédures entre les différents laboratoires dans le cadre de l’étude Many Babies, un projet pour lequel près de 70 laboratoires ont acquis des données. Nous pouvons voir des différences qui sont de subtiles nuances dans l’application de la méthode, ou des différences concernant la langue ou l’âge à une échelle que nous ne pourrions pas atteindre avec les tests de laboratoires individuels. Lorsque nous menons une étude internationale ou à grande échelle comme celle-ci, l’un des défis consiste à déterminer, parce que c’est une étude linguistique, la langue qui sera utilisée pour le test. Je ne suis pas certaine du nombre exact, mais probablement près de 90 % des études publiées sont en anglais nord-américain. Il y a donc un biais énorme, car notre compréhension de la manière dont le développement du langage fonctionne est basée sur les particularités de la langue anglaise. Nos collègues européens se plaignent à ce sujet avec raison. Au moment de faire une grande étude, nous voulons connaître ces biais, mais, en même temps, parce que nous essayons de baser la recherche sur la documentation existante, nous ne voulons pas faire une étude en norvégien aléatoirement sans comprendre comment elle s’inscrit dans la documentation existante. Donc, l’étude Many Babies à grande échelle initiale a été réalisée au moyen de l’anglais. Nous nous retrouvons toutefois avec le problème d’avoir renforcé ce biais. Ainsi, des efforts sont maintenant déployés pour répéter certains de ces tests avec d’autres langues afin d’élargir notre compréhension de ce fonctionnement, non seulement en anglais, mais aussi dans d’autres langues, ce qui est vraiment très important.
