Masten – l’étude de la résilience 2

Puis, la quatrième vague est presque l’équivalent d’un raz de marée, puisqu’il y a eu toutes ces avancées technologiques pour l’étude du fonctionnement du cerveau, de la biologie et de la génétique, ainsi que dans les méthodes statistiques nous permettant d’étudier les dynamiques complexes intervenant dans l’étude de la résilience. Il se produit une transformation rapide de la recherche ayant un intérêt pour ce qu’on pourrait appeler les processus à multiple niveaux. Cette recherche tente de comprendre ce qui se passe lorsqu’un de ces processus protecteurs se produit, par exemple, la façon dont la bonne éducation des parents est intégrée dans l’enfant, c’est-à-dire dans le fonctionnement, la biologie et la neurologie de cet enfant. Que se passe-t-il entre le moment où un parent dit ou fait quelque chose et celui où le système immunitaire de l’enfant s’améliore dans un contexte d’adversité? Beaucoup de recherches visent à établir un lien entre ce qui se produit au niveau moléculaire, où on étudie les processus génétiques et épigénétiques, et au niveau neural, où on tente de comprendre le fonctionnement des systèmes protecteurs comme la cognition ou le contrôle de soi. Peut-on examiner cela par imagerie cérébrale ou autres techniques et déterminer le lien avec le comportement que nous voyons lorsque nous observons la résilience chez un enfant? Il y a un intérêt croissant pour les interactions, la dynamique des interactions entre les gens, et la façon dont elles favorisent la résilience. Cela ne concerne donc pas seulement l’organisme. Des chercheurs s’intéressent vivement aux interactions entre les membres de la famille ou entre les enfants d’un groupe de pairs qui favorisent, ou non, la résilience. Je crois qu’il y aura bien des nouveaux travaux cherchant à lier tous les niveaux. Cela nécessitera de la collaboration parce que les gens et la vie sont compliqués et qu’il est difficile d’avoir de l’expertise dans plus d’un ou deux niveaux. Ainsi, plusieurs disciplines se rassemblent maintenant pour parvenir à comprendre le fonctionnement de la résilience à tous les niveaux, certains de ceux-ci constituant de très gros systèmes, par exemple, les gens qui étudient les catastrophes ne veulent pas seulement savoir comment la résilience fonctionne à un niveau individuel ou familial, mais aussi si elle peut être liée au fonctionnement d’une grande zone touchée par une catastrophe. Comment les humains interagissent-ils avec des écosystèmes de manière résiliente à l’échelle de la planète? Il y a beaucoup de travail intégrateur en cours, car les gens tentent d’intégrer leurs théories et leurs idées sur la résilience. Lorsque je définis la résilience maintenant, je veux pouvoir communiquer avec des gens d’autres disciplines. Je pourrais dire que la résilience a trait à la capacité d’un système dynamique de résister à des menaces graves ou de s’en rétablir. Ce type de définition pourrait être utilisé par une personne au niveau moléculaire, ou par une personne étudiant les écosystèmes, et je crois que c’est un aspect important de cette nouvelle vague.