Masten – la résilience et l’autorégulation
Il est extrêmement important de promouvoir la résilience pendant la petite enfance, car cela jette les bases pour l’avenir. Nous savons que la compétence engendre la compétence. Cela s’explique en partie par le fait que les habiletés que vous apprenez et acquérez pendant une période de développement vous fournissent les outils nécessaires pour exécuter la prochaine tâche qui se présente à vous. L’autre aspect est que le façonnement de bien des systèmes fondamentaux intervenant dans la résilience se produit à la petite enfance. C’est à cette période qu’ont lieu l’apprentissage et l’acquisition des capacités des fonctions exécutives ou des compétences d’autorégulation de différents types, notamment le contrôle de soi et la capacité d’écouter, de contrôler son attention et de réguler ses émotions. Beaucoup de travaux préparatoires à la socialisation et au développement du cerveau ont lieu pendant les toutes premières années de vie. Vous créez un ensemble d’habiletés pour passer à l’étape suivante; vous apprenez à marcher avant d’apprendre à courir, mais aussi, vous vous développez de façon importante et apprenez de vos interactions avec l’environnement, surtout les gens qui sont près de vous, comme les pourvoyeurs de soins dans votre milieu, ainsi que par le jeu et l’exploration. Vous développez beaucoup d’outils fondamentaux et de systèmes de protection qui semblent être les moteurs de la résilience plus tard dans la vie. Je crois que ces deux aspects se produisent, et c’est pourquoi l’investissement dans la petite enfance est si important pour la résilience à long terme. Cela ne veut pas dire que vous ne pouvez pas acquérir d’outils de résilience plus tard, mais ça pourrait être plus difficile. Au fil des années, beaucoup de données ont montré l’importance de l’autorégulation dans différentes formes de résilience, par exemple, contrôler son humeur et son attention, se forcer à faire quelque chose même si on ne veut pas le faire, cesser de faire quelque chose même si on ne veut pas arrêter, ou faire preuve de contrôle inhibiteur et d’autodiscipline pour faire quelque chose, comme étudier pour un examen, même lorsqu’on n’en a pas envie. Ces capacités sont très importantes lorsque l’on fait face à des défis, et je crois qu’il n’est pas surprenant de voir qu’elles interviennent aussi communément dans l’étude de la résilience. La capacité d’attendre et d’évaluer une situation peut favoriser la résolution de problèmes dans certains cas; toutefois, si un tigre vous poursuit, vous devez réagir rapidement et fuir. Ces systèmes vous permettent d’activer votre capacité adaptative efficacement selon la situation. Les jeunes enfants commencent tout juste à acquérir des habiletés d’autorégulation; ils ont donc un système de soutien, soit un parent doté de bonnes compétences d’autorégulation. Le régulateur externe, qui est le parent, agit pour le compte de l’enfant ou lui dit quoi faire dans les cas où un enfant est incapable de prendre une décision efficacement, d’attendre lorsqu’il doit attendre, d’éviter les situations dangereuses et ainsi de suite. Les deux tâches les plus importantes d’un parent sont d’assurer la régulation, en surveillant l’enfant, et de l’aider à faire ce qu’il devrait faire. De plus, les interactions aimantes et organisées avec l’enfant l’aident à acquérir des habiletés d’autorégulation et favorisent le développement du cerveau et des systèmes qui permettront à un enfant de surveiller sa propre attention, son propre comportement et autres, et, en vieillissant, de produire une réaction adaptative et organisée, qui est le bon choix au bon moment. Beaucoup de ce qui se passe pendant le danger ou l’adversité dépend de la prise de bonnes décisions sur ce qui nécessite de l’attention, quoi faire et ainsi de suite. Ces habiletés sont extrêmement importantes pour s’adapter aux situations menaçantes et s’en rétablir.
