Kuzawa – le stress parental

Il y a maintenant de plus en plus de preuves attestant que le stress d’une mère pendant la grossesse peut modifier en permanence le système de stress de ses enfants et influencer leur réponse au stress. Il existe depuis longtemps de bons modèles animaux montrant que si l’on cause du stress chez, par exemple, des rates en gestation, la physiologie du stress de la progéniture sera modifiée. De plus en plus de données factuelles indiquent que ce mécanisme s’opère aussi chez les humains. Un exemple vient d’une de mes anciennes étudiantes au doctorat, Zaneta Thayer. Ses travaux portaient sur une population multiethnique en Nouvelle-Zélande chez laquelle elle a examiné des mesures de privation et de stress pendant la grossesse. Elle a mesuré les niveaux de cortisol, une hormone de stress, chez ces femmes pendant la grossesse. Elle en a fait de même avec les bébés après la naissance. Il est bien sûr contraire à l’éthique de stresser un bébé, mais nous le faisons déjà lorsqu’ils vont se faire vacciner chez le médecin. C’est un événement stressant qu’ils vivent déjà. Elle a donc examiné les hormones de stress avant et après l’événement pour voir la réponse à ce stress. Il est intéressant de voir qu’elle a trouvé une relation très claire. Plus la mère était stressée pendant la grossesse, selon ce qu’elle a déclaré pendant la grossesse, plus la réaction hormonale de stress à la vaccination de son bébé de six semaines était importante. Nous ne savons pas si cela remonte nécessairement à l’environnement prénatal. Il est aussi possible que ces femmes qui ont été stressées pendant la grossesse aient élevé leurs enfants différemment pendant ces premières semaines. Il semble probable que cette réponse soit réellement un effet intergénérationnel du stress pendant la grossesse. C’est une hypothèse de travail raisonnable.