Alexander – les avantages économiques

L’engagement de fonds dans l’éducation de la petite enfance est un excellent investissement. Je crois que ces investissements rapportent énormément pour les enfants, pour les parents, pour l’économie et pour la société. En fait, je crois qu’il s’agit d’un investissement à très grande portée.

Et l’une des choses qu’il faut étudier, parce qu’il s’agirait d’un programme national, est le fait que ce programme serait accompagné d’une note salée. L’une des questions fondamentales est : « Quel sera le retour sur l’investissement d’un tel programme? » Un certain nombre d’études ont été réalisées, et la documentation est absolument convaincante pour affirmer que le taux de rendement serait très élevé. Les estimations prévoient que pour chaque dollar investi le rendement serait de 1,20 $ jusqu’à 3 $. Et je crois que cela démontre que, bien qu’il s’agisse d’une proposition coûteuse, elle peut en fait créer d’énormes avantages pour l’économie et la société dans son ensemble.

Ainsi, lorsque nous pensons aux avantages pour les enfants, nous savons que le développement cognitif commence immédiatement après la naissance. Cela signifie que les enfants commencent à apprendre dès la naissance. Pourquoi avons-nous décidé que le système scolaire public commence à l’âge de cinq ans, alors que nous savons que les enfants commencent à apprendre immédiatement? Les enfants en tirent des avantages. Cela favorise leur développement cognitif et leur développement social. Les parents en tirent également de très grands avantages. Cela réduit le stress des parents. Cela facilite la conciliation travail-famille. Cela peut également contribuer à accroître la participation au marché du travail. Nous l’avons constaté au Québec où la participation des femmes au marché du travail a augmenté de façon mesurable.

En créant un groupe de personnes ayant davantage de compétences, nous contribuons à résoudre des problèmes sociaux fondamentaux comme la pauvreté. Il est donc possible d’établir un lien entre l’éducation de la petite enfance et les avantages qui s’y rapportent à de nombreux enjeux économiques et sociaux. Et cela peut en fait nous aider à économiser de l’argent sur ces programmes si nous investissons dans le développement des jeunes enfants.

Les gens se demandent souvent pourquoi un économiste bancaire parlerait de l’éducation de la petite enfance. Mais en réalité, cela fait partie du développement des compétences. Et il s’agit aussi de préparer le marché du travail qui répondra aux demandes économiques de l’avenir. En songeant à notre économie, nous allons en fin de compte affronter la concurrence en fonction de notre main-d’œuvre formée et qualifiée. Si nous tentons de rivaliser avec des pays comme la Chine sur les coûts salariaux, nous serons perdants. Nous devons donc créer un meilleur produit. Nous devons innover davantage. Nous devons accroître la productivité de l’économie. Et cela n’est pas possible sans une main-d’œuvre dotée des compétences de base requises. Je suis donc un fervent défenseur de la littératie, de la numératie et du développement des compétences sociales. Et quand je songe à l’éducation de la petite enfance, je songe à l’enjeu de l’éducation. Il s’agit de développer les compétences. Ainsi, bien qu’il puisse être contre-intuitif qu’un banquier parle de l’éducation de la petite enfance, il s’agit en fait d’un enjeu économique.