Katz – le contenu intellectuel dans les programmes Reggio Emilia
Comme d’habitude, je visitais des écoles et je travaillais avec des enseignantes, et j’ai commencé à me poser la question : « Lorsque j’observe des enseignantes interagir avec les enfants, quel est le contenu de leurs échanges? » C’est avec étonnement que j’ai remarqué qu’une grande partie des échanges était liée aux tâches quotidiennes. « N’oubliez pas d’accrocher votre manteau, il est l’heure de se laver les mains, mettez-vous en ligne près de la porte avant de sortir, toi, sais-tu où se trouve ta boîte à lunch? » Les échanges se rapportaient à toutes ces tâches quotidiennes, mais on n’y trouvait aucun vrai contenu intellectuel. On n’y discutait pas de ce que les enfants prévoyaient de faire ensuite, du point auquel ils s’étaient rendus, s’ils avaient besoin d’aide avec une tâche, et ainsi de suite. Cependant, j’ai vu beaucoup de cet excellent contenu à Reggio Emilia, que certains d’entre vous connaissent peut-être, il s’agit de merveilleuses écoles préscolaires dans une petite ville du nord de l’Italie qui sont assez remarquables, et beaucoup de choses sont remarquables à leur sujet, mais l’une d’entre elles est qu’elles offrent beaucoup de contenu riche parce que les enfants créent des choses et s’interrogent sur les choses, et ils tentent de comprendre comment représenter les choses.
Récemment, j’ai écouté une capsule vidéo de leur programme au cours de laquelle des garçons âgés de quatre ans étaient assis ensemble à une petite table. Ils avaient décidé, je ne sais pas pour quelle raison ils avaient choisi ce projet, mais ils avaient décidé de créer une table avec de l’argile. Ils avaient donc une motte d’argile sur la table, et ils avaient chacun pris une masse d’argile qu’ils ont roulée pour faire les pattes de la table. Ils roulaient l’argile et disaient : « Oh, c’est une patte! » et d’ailleurs, ils se parlaient constamment tout au long de la tâche. Et un garçon a levé sa patte, mais elle s’est rabattue, alors l’enfant a dit : « Oh, elle ne tient pas. Peut-être, peut-être que je devrais ajouter plus d’argile », et donc il y avait de nombreuses discussions. Et un autre enfant disait : « J’ai bien fait cela parce que la mienne est plus épaisse! » Et à travers toute cette conversation, ils ont finalement terminé les quatre pattes, des pattes assez épaisses. Ils ont ensuite pris une grosse motte d’argile ensemble pour faire la surface plane de la table, et ils la pétrissaient, et ils disaient : « Est-ce que la table sera ronde ou carrée, devrions-nous la faire de telle ou telle façon? » Il y avait beaucoup de discussions, c’était très important, il y avait des choses à discuter. Ils ont finalement terminé la surface, ils l’ont ramassée, et ils l’ont placée au-dessus des pattes et la table s’est effondrée. Et ils ont dit : « C’était trop lourd, nous devons essayer à nouveau. » En fait, je vous donne une image très rapide de ce qui s’est passé, mais les garçons ont dû y travailler pendant, je dirais, une quarantaine de minutes. Beaucoup de discussions, beaucoup d’essais, des choses qui n’ont pas fonctionné, des choses qui ont fonctionné. Donc il y a du contenu pour tisser les relations, ce sont des conversations réelles et non des paroles creuses. Il s’agit de l’une de mes préoccupations, d’offrir des interactions aux enfants qui renferment du contenu. Nous devons leur présenter des tâches intéressantes pour créer un contenu riche.
