Soderstrom – l’étude de l’effet du SSÉ sur le développement du langage
Donc, nous avons une étude originale nommée Hart et Risley, elle porte le nom de ses auteurs. L’étude de Hart et Risley était révolutionnaire dans le sens qu’elle examinait l’effet du statut socioéconomique sur les expériences linguistiques des nourrissons. Et la conclusion initiale stipulait qu’il existait des différences marquantes dans la quantité et le type d’interaction linguistique auxquels les nourrissons de différents milieux socioéconomiques ont été exposés. Ils ont ensuite fait la corrélation de ces données avec les différences dans le développement de leur vocabulaire. Et donc après le calcul, ils ont inventé le terme « un fossé de 30 millions de mots ». Cette étude a exercé une influence importante sur notre façon de songer à la lutte contre les disparités sociales. Et donc, cette étude a été menée avec les méthodes de recherche de l’époque et en fait, elle était un peu révolutionnaire. Je crois que parfois les gens sous-estiment la quantité de travail qui a été mise dans la transcription minutieuse à la main de toutes ces nombreuses heures d’enregistrement. Et nous entendons parfois les gens critiquer l’étude en disant qu’il s’agissait d’un petit échantillon, mais en réalité, les chercheurs ont consacré des années de travail à la production de ces résultats.
Il s’agissait donc d’une sorte de conclusion fondamentale. Depuis lors, de nombreuses recherches ont été menées au sujet de l’effet du statut socioéconomique sur les expériences et le développement du langage des nourrissons, et un consensus général se dégage par rapport à l’effet du statut socioéconomique. La question demeure sur les facteurs qui mènent à ces résultats. Et récemment, un débat fait rage sur le terrain au sujet de la façon dont nous caractérisons et comprenons la nature des expériences linguistiques des enfants.
Donc, l’une des choses que nous cherchons à résoudre, c’est que d’une part, nous avons un ensemble très solide de résultats portant sur les différences entre les statuts socioéconomiques. D’autre part, il existe de très importantes différences interculturelles dans ce qui est considéré comme une sorte de comportement normatif entre les mères et les nourrissons. Nous connaissons des collectivités à travers le monde où le concept de passer du temps à parler directement à ses enfants n’est pas présent, leurs idées à ce sujet sont très différentes. Donc, si nous tentons de mesurer cela, nous ne voyons que très peu de discours adressés aux bébés dans ce genre de contexte individuel. Et dans notre état de compréhension actuel de ces choses, il ne semble pas y avoir de raison de croire que les enfants de ces communautés sont en situation de désavantage en ce qui concerne le développement du langage. Donc, d’une part, nous avons cette documentation robuste qui stipule que la quantité de discours et la qualité du discours que les bébés entendent sont directement liées au développement de leur vocabulaire et aux mesures du développement de leur langage. Et d’une autre part, nous avons ces différences interculturelles immenses en matière de quantité et de types de discours auxquels les nourrissons sont exposés. Si nous tentons de réunir ces deux documentations, ces deux documentations robustes et ces conclusions d’une manière qui dresse un portrait cohérent, nous n’en sommes tout simplement pas encore là.
